Comment travaillons-nous à Saint-Priest ?
La question de la discrimination n'est pas "sensible" en soi, c'est notre rapport aux tabous (du racisme notamment) et les peurs des acteurs qui empêchent d'ouvrir cette question.
L'enjeu principal de notre travail est de faire évoluer les cultures professionnelles, les représentations, les pratiques, les organisations, pour repérer et contrer les logiques discriminatoires.
Il n'y a pas de solution toute faite : il faut mettre en place un processus de travail qui implique tous les acteurs et qui ne se focalise pas uniquement sur les victimes.
Il faut donc travailler sur ces pratiques et accompagner au changement.
C'est une implication et une exigence collective qui doit permettre de modifier localement les règles du jeu.
L'action contre la discrimination suppose donc de travailler en réseau et en coopération entre tous les acteurs.
Cela conduit les membres du plan à :
- Adapter leur fonctionnement aux objectifs du plan,
- Inventer des actions spécifiques,
- Inscrire la lutte contre les discriminations dans leur fonctionnement quotidien.
Coopérer, cela veut dire quoi exactement ?
Avant tout, cela signifie que l'on accepte de travailler ensemble différemment :
la question de la lutte contre les discriminations exige de passer du temps sur ce que l'on néglige habituellement.
Les acteurs du plan acceptent de mettre l'accent sur les désaccords et les conflits, pour que l'on puisse avancer sur ce qui pose réellement problème.
Du coup, il est tout aussi important pour nous de nous mettre d'accord sur les questions sur lesquelles c'est possible, que de nous mettre d'accord sur ce qui nous oppose.
Traiter de la question de la discrimination dans cette logique nous amène à aborder les choses sous un angle qui n'est pas habituel pour les institutions, ce qui exige à la fois d'expliquer et d'assumer cet état de fait.
Le plan est piloté par un collectif de professionnels, d'institutionnels et d'élus qui acceptent cette règle du jeu et qui la font vivre au quotidien.
Cette façon de faire favorise l'émergence de l'intelligence collective : on est plus fort et plus pertinent lorsque l'on pense à plusieurs et que l'on est clair avec les enjeux que cela représente pour nous et pour nos institutions.
Qu'est-ce que cela produit ?
Lutter contre les discriminations permet de se mettre en conformité avec la loi. De la même manière qu’un bailleur et un employeur sont tenus de respecter des règles de sécurité, ils doivent assurer une égalité de traitement des candidats et reposer leurs choix sur des critères objectivables.
La lutte contre les discriminations demande un investissement en temps qui débouche sur une clarification des pratiques et procédures et donc sur une plus grande efficacité du fonctionnement des organisations concernées.
S’appuyer sur des critères clairs, objectivés et rendus publics permet de se prémunir d’un certain nombre de dérives et de diminuer la pression psychologique de la demande.
Le plan de lutte contre les discriminations de Saint-Priest se réunit en comité de pilotage chaque mois. En son sein, plusieurs groupes de travail thématiques se sont constitués et rendent compte de leur travail à l'occasion de ces comités de pilotage.